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Les hommes de l’ombre des Voiles de Saint-Tropez

Philippe Martinez, pilote entre les lignes.

Responsable des moyens sur l’eau à la Société Nautique de Saint-Tropez, qu’il a intégrée il y a treize ans, Philippe Martinez est un homme de contact, discret. Ce marin professionnel, pêcheur, nous révèle quelques facettes de son métier, en particulier au cours des « Voiles de Saint-Tropez ». Petit cabotage auprès d’un élément essentiel d’une organisation complexe, qui fait aussi la course avec les dauphins, secourt les globicéphales, et tutoie les diables de mer…

« Pour les « Voiles de Saint-Tropez », je suis chargé de définir et d’assembler tous les moyens sur l’eau. C’est-à-dire tous les navires, pour la presse et la sécurité, en passant par les bateaux mouilleurs, qui mettent en place le dispositif de bouées pour les régates. Assurer l’équipement des navires, des trois comités de courses « Modernes », « Tradition » et « Wally » qui emmènent les jurys, arbitres et directeurs de courses. Cela représente une cinquantaine de bateaux. Je dois recruter les marins confirmés, les bénévoles, trouver les embarcations, le matériel, connaître toutes les règles de courses, et veiller à ce que le coup de canon ait lieu à l’instant T !

Le lien de l’onde, terre, mer 

Pendant les régates, je suis sur l’eau, les yeux et les oreilles de M. Georges Kohrel, le principal Race-Officer. Nous sommes en liaison permanente, et devons toujours savoir qui est où, et quand. Tous les matins, nous avons une réunion, à laquelle participent les directeurs de courses, les arbitres, les mouilleurs, et les gens de la sécurité. En fonction des conditions météorologiques, sont décidés les parcours. Ensuite, nous mettons les bouées en place. Il faut aller vite, et ne pas faire d’erreurs. Si la météo est bonne, en principe tout va bien, si elle se dégrade, ça devient vite compliqué ! Et, s’il y a danger, les bateaux ne sortiront pas. On est d’abord là pour s’amuser !

Des marins confirmés, pour arrimer des bouées jusqu’à 800 m de fond !

Les Voiles sont préparées tout au long de l’année. Moi, je m’appuie sur 10 personnes en particulier, dont Jean-Luc Colignon. Les marins qui sont recrutés sont des marins confirmés, de vrais « pros ». Ils viennent de toute la côte méditerranéenne, pour nous aider. C’est un échange de bons procédés. Avec Georges Kohrel, nous avons bé- névolement fait le mouillage de « l’America’s Cup ». À Saint-Tropez, les bouées peuvent aller jusqu’à 800 m de fond ! On utilise des lignes en produit naturel, comme le chanvre qui est biodégradable. Jusqu’à 100 m, nous les récupérons. Nous emportons chaque jour des kilomètres de lignes de mouillage, et plusieurs tonnes de chaines pour les tenir !

Les Bénévoles ? … C’est grâce à eux que de grands événements peuvent se réaliser.

Sur l’eau, je suis en charge de 50 bénévoles qui m’assistent. Ils mettent leurs bateaux à notre disposition pendant une semaine. C’est grâce à eux que de grands événements peuvent se réaliser. Sinon… je pense que de toute façon, tout seul dans la vie, on n’est pas grandchose… enfin, ce n’est pas que je le pense, c’est que j’en suis sûr… Pour nous détendre ? Eh bien, on fait ce qu’il est prévu de faire à Saint-Tropez pour les Voiles, retrouver les amis, et faire la fête ! ».